Daredevil avec Charlie Cox, Vincent d'Onofrio, Rosario Dawson, Scott Glenn
Écrit par Fabrice Simon   
07-10-2018

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Une série créée par Drew Goddard.

Un dossier conçu par Fabrice Simon.

Crédits photographiques : ABC Television / Marvel television / Nteflix.

DAREDEVIL, LA SERIE
 
(2015/2018)
 
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Déjà trois saisons produites ! Il était temps de revenir sur cette série découverte sur Netflix en avril 2015. Avocat le jour, justicier la nuit, Matt Murdock alias Daredevil (Charlie Cox vu dans "Boardwalk Empire"), bien qu'il soit aveugle, arpente les toits de Hell's Kitchen pour s'opposer à la pègre dirigée d'une main de fer par Wilson Fisk le Caïd (Vincent D'Onofrio, héros de "New York, section criminelle"). La distribution rassemble également Elden Henson, Rosario Dawson, Peter Shinkoda, Deborah Ann Woll ou Scott Glenn.
 
 
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LES ORIGINES DE DAREDEVIL

La relation entre les comics, culture ultra-populaire chez nos amis américains, et la télévision n’est pas une histoire récente. Dès 1952, en effet, Superman débarque sur les petits écrans avec George Reeves dans le rôle de l’extra-terrestre venu de la planète Krypton. Mais après plus d’une centaine d’épisodes, la série s’arrête et le super héros ne réapparaîtra, de façon significative, dans la petite lucarne, qu’à la fin des années 60 dans deux œuvres cultes : The Green Hornet et surtout le très kitsch Batman.

À la fin des années 70, Marvel, éditeur concurrent de DC Comics (propriétaire des droits de l’homme d’acier et de la chauve-souris vengeresse), décide de fouler à son tour le territoire télévisuel en adaptant les aventures de deux de ses héros majeurs : The Amazing Spiderman et surtout The Incredible Hulk avec l’immortel Lou Ferrigno, qui ravit le public français, au début des années 80, avec ses poses de culturiste et ses shorts échancrés.

Forts de leur succès, les séries de super héros, qu’elles soient originales ou tirées d’un support papier, vont alors s’enchaîner, pour le meilleur et plus souvent pour le pire. Jusqu’à la diffusion de Heroes en 2006, qui marqua les esprits par son approche plus réaliste et son traitement adulte assumé à l’opposé des contes de fées. Toutefois, cette œuvre novatrice ne restera dans l’histoire de la télévision que par sa fantastique première saison. Car si certaines séries sont comme le bon vin et s’améliorent au fil des années, d’autres semblent tout donner d’emblée, sans se soucier de leur durabilité au fil des années. Tel est le cas, malheureusement, de la création de l’audacieux Tim Kring effectuée en collaboration avec Jeph Loeb, l’un des meilleurs scénaristes de B.D. outre-Atlantique, et accessoirement auteur de quelques chefs-d’œuvre du genre dont l’épatant Batman : A Long Halloween.

Et même si par la suite quelques tentatives malheureuses comme No Ordinary Family sont venues polluer les écrans, l’heure de la reconnaissance cathodique semble enfin avoir sonné pour nos super, héros chéris depuis quelques années maintenant. Et dans le sillage de The Avengers, troisième plus gros succès cinématographique de tous les temps, bon nombre de projets ont été enclenchés. La série Arrow, dont la troisième saison s'est terminée actuellement sur The CW, ainsi que son spin-off The Flash ont rencontré un succès d’estime. Tandis que Marvel’s Agent of S.H.I.E.L.D. ainsi que Agent Carter auront fait les beaux jours de ABC et que Gotham aura satisfait les patrons de la Fox, les retours de Wonder Woman et Hulk sont également en discussion même si le cinéma l'a emporté sur le petit écran pour ledit retour, confortant ainsi l’idée que la « guerre » que se livrent Marvel (propriété de The Walt Disney Company) d’un côté, et DC Comics (partie intégrante de Time Warner) de l’autre, se prolonge désormais par grand network interposé et/ou dans les salles obscures.

Alors fort de cette profusion, la plupart des fans reçurent la nouvelle d’un accord entre les géants Disney et Netflix pour l’adaptation sur le grand site américain de cinq séries issues de l’univers Marvel avec un mélange de crainte, mais également d’espoir. Qu'en est-il finalement ?
 
 
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LES PROMESSES DE DAREDEVIL

Et après visionnage de la première saison complète de Marvel’s Daredevil, coeur du présent article, les doutes des fans auront disparu totalement tant cette série est apparue comme LE sommet de la série de super héros, mais également comme la meilleure série Netflix et par conséquent un énorme moment télévisuel.

Il faut dire que les aventures de Matt Murdock, cet orphelin rendu aveugle par un accident de la circulation qui développa ses autres sens et qui combat le crime le jour dans sa tenue d’avocat et la nuit dans celle d’un justicier, avaient tous les éléments d’emblée pour être LA grande série du moment.

Histoire composée de treize épisodes inspirés fortement de l’arc narratif écrit par Franck Miller et dessinée par John Romita Jr (l’auteur de Kick-ass), The Man Without Fear qui revient sur la genèse du héros, Marvel’s Daredevil est une parfaite réussite tout d’abord par la personnalité même du héros.

Super héros sombre et torturé, oscillant en permanence entre le bien et le mal (deux notions à la frontière tenue énoncent même durant un procès le héros dans le troisième épisode), Daredevil représente, d’un point de vue psychologique, une mine d’or pour tout scénariste digne de ce nom. Tiraillé dans sa conception de la justice, car vivant cette double vie d’avocat et de justicier, violent et jusqu’au-boutiste dans ses actions, Murdock n’hésite pas à utiliser les grands moyens (un peu moins que le Punisher tout de même) pour parvenir à ses fins. Torturer un ennemi, le balancer en haut d’un toit voire lui casser un membre semble être des actions légitimes pour celui qui combat le crime.

Complexé par l’accident qui l’a rendu aveugle malgré des pouvoirs surhumains qui en fut induit, Matt compense cette infériorité en s’admettant homme à femmes, un beau parleur incapable d’avoir une relation sérieuse plus d’une semaine selon les dires de son meilleur ami ?! Rarement, une telle figure violente et si peu respectueuse de la gent féminine n’aura été aussi adulée que Daredevil.

De plus dans la série apparaît une caractéristique propre au comics d’origine : la relation de ce héros à la foi, à la religion catholique ou à l’autorité paternel. Ayant besoin en permanence d’un prêtre pour valider ses actions ou du moins pour s’en soulager, Murdock trouve en la religion le réconfort absent suite aux décès prématurés de ses géniteurs.

Réconfort assuré également par son mentor, Stick, objet d’un épisode quasi dédié et annonciateur du thème de la prochaine saison. Malgré l’opposition de ce dernier à toute relation paternelle envers le jeune Matt, le lien qui unit ces deux personnes est assurément du domaine de la transmission père-fils contre la volonté propre du plus âgé des protagonistes.

Mais même au-delà des thèmes abordés, Marvel’s Daredevil dispose de décors grandioses, d’une réalisation sans faille, d’une qualité d’écriture remarquable et précise ainsi que d’une interprétation haut de gamme.

Série adulte et particulièrement violente où l’on n’hésite pas à réduire le crâne en miettes d’un opposant à coup de porte de voiture, où l’on trouve une utilité suicidaire à une barre de fer ressortant d’un bloc de béton, bref, où le sang coule à flots, Marvel’s Daredevil est également parfaitement réalisée et culmine notamment lors d’une baston gigantesque opposant notre héros à la maffia russe et filmée en plan-séquence ou lors d’un panoramique sublime dans une voiture de taxi.

Bénéficiant des magnifiques décors d’un quartier de New York, Hell’s Kitchen, à peine remis des attaques extra-terrestres de The Avengers, concis dans sa narration ramenée à treize épisodes de qualité (aucun d’entre eux n’est plus faible que les autres), cette série qui ouvre parfaitement l’accord entre les deux grandes entreprises est portée par un casting cinq étoiles sur lequel trône l’immense Vincent D’Onofrio. Impressionnant de justesse, de violence, d’émotion dans le rôle du Caïd (soit Wilson Fisk), cet acteur entrevu dans des œuvres telles que Full Metal Jacket, Ed Wood ou Malcolm X, amène une dimension physique et morale exceptionnelle à un personnage que l’on présumait impossibles à interpréter.

Magnifiée par l’écriture des deux showrunners, Drew Goddard et Steven DeKnight, soit des poids lourds de l’écriture télévisuelle qui connaissent leur petit Daredevil illustré jusqu’au bout des ongles, cette réussite majeure emprunte des idées fortes aux plus grands scénaristes venus travailler ces cinquante dernières années sur la bande dessinée originelle. On notera ainsi, entre autres, la pertinence des flash-back façon Miller, mais également la multitude de rebondissements qui font de la narration l’un des points addictifs de cette œuvre.

Cette dernière trouve alors parfaitement sa place dans la programmation de plus en plus extraordinaire de ce « nouveau » support que représente Netflix. Car, ambitieuse, cette dernière propose, dans son type de consommation (les treize épisodes ont été diffusés au même moment), mais également dans son exigence de qualité, une alternative plus que sérieuse aux grands networks en lorgnant vers les standards des chaînes câblées style AMC ou HBO. Et de promettre une association radieuse avec Marvel pour les autres séries diffusées depuis ces dernières années.
 
 
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LE GUIDE DES EPISODES

Interprétation :
Charlie Cox : Matt Murdock / Daredevil
Vincent D'Onofrio : Wilson Frisk
Deborah Ann  Woll : Karen Page
Elden Henson : Foggy Nelson
Toby Leonard Moore : James Wesley
Vondie Curtis-Hall : Ben Urich
Bob Gunton : Leland Owlsley
Ayelet Zurer : Vanessa Marianna
Rosario Dawson : Claire Temple
Peter Shinkoda  : Nobu.
Scott Glenn : Stick

Aveugle depuis l’enfance mais doté de pouvoirs extraordinaires, Matt Murdock combat pour la justice le jour en tant qu’avocat dans le cabinet qu'il vient d'ouvrir avec son ami Foggy Nelson dans le quartier de son enfance, Hell' Kitchen. La nuit, il devient Daredevil un justicier luttant contre l’injustice.



Saison 1 (10 avril 2015 sur Netflix)
 
Episode 1 : Sur le ring  (Into the Ring)
Scénario : Drew Goddard / Réalisation : Phil Abraham
Matt et Foggy  prennent  le cas de Karen Page, une femme retrouvée ensanglantée, un couteau à la main, à côté du corps d'un homme mais dont elle nie être responsable de la mort. Seul Murdock la croit.


Episode 2 : L'Homme blessé  (Cut Man)
Scénario : Drew Goddard / Réalisation : Phil Abraham
Gravement blessé par un combat contre des Russes, Murdock est retrouvé inconscient dans une benne par Claire Temple, une infirmière qui l'emmène dans son appartement pour le soigner. À peine remis, Murdock doit protéger Claire. Pendant ce temps, Foggy s'occupe d'apaiser Karen, encore sous le choc de son agression.


Episode 3 : Un lapin dans une tempête de neige  (Rabbit in a Snow Storm)
Scénario : Marco Ramirez / Réalisation : Adam Kane
Le bras droit de Wilson Fisk, James Wesley, engage Matt Murdock et Foggy Nelson pour défendre un homme qui a tué un mafieux dans un bowling. Pendant ce temps, Karen tente d'obtenir l'aide du reporter qui a écrit l'article sur Union Allied, Ben Urich.


Episode 4 : Lien de sang  (In The Blood)
Scénario : Joe Pokaski / Réalisation : Ken Girotti
Sur la pression de Fisk, la maffia russe enlève Claire pour attirer le justicier dans un piège. Ben Urich accepte d'aider Karen à révéler la machination derrière son agression en suivant la trace de l'argent d'Union Allied, démantelée après les révélations.


Episode 5 : Un monde en feu  (World on fire)

Scénario : Luke Kalteux / Réalisation : Farren Blackburn
Fisk fait en sorte que les Russes accusent le justicier pour la mort d'un de leur chef. Murdock parvient à retrouver l'autre chef, mais au même moment, Fisk déclenche une série d'attentats à la bombe.


Episode 6 : Condamné (Condemned)
Scénario : Joe Pokaski et Marco Ramirez / Réalisation : Guy Ferland
Cerné par les policiers corrompus, Murdock tente de gagner du temps dans un immeuble abandonné. Le chef russe confirme que Fisk a pris le contrôle de tout le milieu criminel de la ville et que celui qui pourrait avoir les preuves est son comptable, Leland Owlsley.


Episode 7 : Stick (Stick)
Scénario : Douglas Petrie / Réalisation : Brad Turner
Stick, le mentor de Matt qui lui appris à se défendre lorsqu'il était enfant, revient à New York pour détruire Black Sky, une arme redoutable détenu par le puissant Nobu. Pour cela, il a besoin de l'aide de son disciple.


Episode 8 : Jeu d'ombre (Shadows in the Glass)
Scénario : Steven S. DeKnight / Réalisation : Stephen Surjik
Alors que la mission des deux avocats et de leur assistance se précise, l'empire de Fisk se fissure. Celui-ci, en effet, rencontre de plus en plus de difficultés à s'approprier Hell's Kitchen.


Episode 9 : L'Habit du diable (Speak of the Devil)
Scénario : Christos Gage et Ruth Fletcher Gage / Réalisation : Nelson McCormick
Matt tente de convaincre Karen de détruire Fisk par les voies légales. De son côté, Fisk demande à Nobu de s'occuper du justicier si il veut récupérer les immeubles qu'il souhaite. Un combat à mort s'engage alors...


Episode 10 : Nelson contre Murdock (Nelson vs Murdock)
Scénario : Luke Kalteux / Réalisation : Farren Blackburn
Suite à la révélation du secret de Matt, la relation entre celui-ci et son ami Foggy est mise à rude épreuve. Pendant ce temps, Fisk doît faire face à une nouvelle menace.


Episode 11 : La Marche des vertueux (The Path of Righteous)
Scénario : Steven S. DeKnight et Douglas Petrie / Réalisation : Nick Gomez
Les deux ennemis, Fisk et Murdock doivent faire face aux conséquences de la voie qu'ils se sont choisis. Ben et Karen sont eux sur le point de découvrir les secrets du passé de Fisk.


Episode 12 : Ceux qui restent (The Ones We Leave Behind)
Scénario : Douglas Petrie / Réalisation : Euros Lyn
Karen est hantée par le crime qu'elle vient de commettre. Fisk cherche lui à se venger . Pendant ce temps, Matt trouve une piste très intéressante concernant les finances de Fisk.


Episode 13 : Daredevil (Daredevil)
Scénario : Steven S. DeKnight / Réalisation : Steven S. DeKnight
Dernier épisode de la saison : Fisk est acculé, Karen, Matt et Foggy donnent tout pour le faire tomber. Avec l'aide du justicier et de sa nouvelle tenue….
 
 
Saison 2 (18 mars 2016)
 
La seconde saison, également composée de treize épisodes, a été diffusée par Netflix le 18 mars 2016, sans aucun changement au niveau de la distribution.

    Pan ! (Bang)
    Sous les balles (Dogs to a Gunfight)
    Le gratin de New-York (New York's Finest)
    Piécettes et petite monnaie (Penny and Dime)
    Kinbaku (Kinbaku)
    Repentirs (Regrets Only)
    Semper Fidelis (Semper Fidelis)
    Ultime coupable (Guilty as Sin)
    Sept minutes au paradis (Seven Minutes in Heaven)
    L'homme confiné (The Man in The Box)
    .380 (.380)
    L'obscurité au bout du tunnel (The Dark at the End of the Tunnel)
    Une froide journée en enfer (A Cold Day in Hell's Kitchen)
 
 
Saison 3 (prévue pour le 18 octobre 2018)
Dernière mise à jour : ( 07-10-2018 )